Plan de relance de la filière aéronautique

Deux lauréats détaillent leurs investissements

Quels sont les projets des lauréats accompagnés par Mont-Blanc Industries ?

 

Le Plan de Relance de la filière aéronautique permet de subventionner les projets de 16 entreprises en Haute-Savoie (retenues à mi-mars). Sachant que les candidats peuvent encore répondre aux appels à projets jusqu’au 1er juin 2021.

 

Focus sur deux lauréats accompagnés par Mont-Blanc Industries qui décrivent leurs investissements et les stratégies qui en découlent : CRENO – Le Créneau Industriel à Annecy et AlpexCartier, composé de deux sites à Vougy et à Magland.

Leur créneau : l’aéronautique

Le Créneau Industriel (marque CRENO) développe depuis 1978 des solutions à 100 % tournées vers la filière aéronautique en concevant des machines à commandes numériques pour l’usinage et des solutions innovantes en robotisation. Avec un effectif d’environ 40 personnes, l’entreprise totalise un chiffre d’affaires moyen de 10 millions d’euros par an.

 

La dotation du Plan de Relance, soit 800 000 €, lui permettra de consolider son positionnement sur son marché cible par le recours à l’innovation, notamment sur le volet de la numérisation et de la virtualisation, et de pénétrer d’autres marchés pour diversifier ses activités.

 

 

Les process de A à Z

Avec l’appui de la dotation du Plan de Relance de l’aéronautique, CRENO – Le Créneau Industriel prévoit d’investir près de 2 millions d’euros sur trois ans pour développer une ligne de fabrication multiprocess et multirobots : E-MULINE (Environnemental Multi Unit Line) devrait être opérationnelle courant 2023.

 

Cette solution couvrira tous les process de finition des pièces composites depuis la sortie des fours jusqu’à leur acheminement sur les lignes d’assemblage. Elle combinera les différentes opérations d’usinage, les contrôles dimensionnels, de qualité et d’intégrité matière, ainsi que les processus d’étanchéification et de collage.

 

La ligne E-MULINE sera agile et évolutive pour répondre aux besoins de l’aéronautique en matière de flexibilité et de variabilité des pièces, en rationalisant au maximum les flux.

 

« La solution va d’abord être codéveloppée avec un client pilote, en s’appuyant sur la création en parallèle d’un jumeau numérique pour virtualiser les tests et valider des scénarios de fonctionnement, précise Bruno Botton, responsable RD. La deuxième partie du projet consistera à concevoir les lignes de fabrication au sein de nos ateliers, puis de les qualifier avant de les installer chez nos clients à l’horizon 2024. »

AlpexCartier - La force d’un groupe

 

 

 

Le groupe qui réunit les entreprises Alpex (Vougy) et Marcel Cartier (Magland) réalise près de 35 % de son chiffre d’affaires annuel de 12 millions d’euros dans l’aéronautique, avec un effectif de 78 personnes.

 

Spécialisé dans l’usinage de petites et moyennes séries de 50 à 50 000 unités, le groupe déploie notamment son savoir-faire pour la fabrication de connecteurs aéronautiques et produit 8 millions de pièces par an.

 

Les fonds obtenus grâce au plan de modernisation de l’aéronautique vont permettre à ce groupe de la vallée de l’Arve d’anticiper la reprise économique, en se tenant prêt à répondre aux sollicitations des donneurs d’ordres qui ont entamé un resserrement de leurs panels au profit de fournisseurs structurés pour les accompagner dans leurs exigences.

 

« AlpexCartier mène en parallèle une réflexion de fond sur l’automatisation de ses process pour accroître sa compétitivité », ajoute le dirigeant Philippe Cartier.

Optimiser la planification

AlpexCartier va s’appuyer sur le Plan de Relance qui finance 80 % de l’investissement de 250 000 € pour acquérir et exploiter les données de production via un outil de MES, tout en poursuivant les déploiements de la gestion informatisée de l’outillage.

 

Cette modernisation passe par l’acquisition d’un logiciel de collecte de données de l’atelier, relié à l’ERP du groupe pour optimiser la production, par l’analyse en continu des prix de revient et la réduction des rebuts.

 

« Cela doit aussi permettre à terme de continuer à améliorer le taux de service, par l’optimisation de l’organisation en réduisant notamment les temps de réglage… », précise Philippe Cartier.

 

Enfin, l’idée est aussi de relier chaque machine pour un transfert instantané des données, avec une information plus fluide et instantanée, où la planification générée par le traitement des datas fournies par les machines permettra ainsi de gagner en productivité et en capacité de production.

Le Fonds de modernisation de l’aéronautique vise non seulement à soutenir une filière durement impactée par la crise sanitaire, mais à renforcer les atouts de l’industrie française dans un secteur porteur d’innovations et d’enjeux sociétaux, notamment avec le développement d’avions plus vertueux pour l’environnement.

 

 

 

 

Article rédigé par Sandra Molloy, journaliste avec la participation de Bruno Botton CRENO et Philippe Cartier ALPEXCARTIER

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