Quelles sont les opportunités offertes par la filière hydrogène ?

Comment les industries mécaniques peuvent-elles jouer un rôle dans le développement de l’hydrogène ?

Piloté par Mont-Blanc Industries, le Club hydrogène présidé par Alain Auffret, directeur technique du groupe Pracartis, a pu affiner ses connaissances sur le potentiel de la filière hydrogène lors d’une série de visites organisées à Grenoble lundi 13 septembre.

 

Une journée en trois étapes : sur le site de Fontaine de l’entreprise Symbio qui conçoit des piles à hydrogènes, au sein du campus EDF qui déploie son expertise en matière d’énergie afin d’exploiter l’hydrogène et au cœur des plateformes de recherches grenobloises du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA).

Symbio, le spécialiste des mobilités à hydrogène

Symbio est une joint-venture qui réunit les groupes Michelin et Faurecia, désireux de diversifier leurs activités et de jouer un rôle stratégique dans le déploiement de l’hydrogène comme énergie de propulsion pour tous types de moyens de transport.

 

La société conçoit des piles à combustible dans le cadre de différents partenariats avec des constructeurs : Renault en équipant des Kangoo électriques, Stellantis (groupes PSA et Fiat Chrysler Automobiles soit quatorze marques) et Safra qui fabrique des bus.

 

Symbio qui produira bientôt près d’un millier de piles à combustibles par an pour la filière hydrogène, ambitionne de parvenir à 200 000 unités d’ici à 2030 soit 1,5 milliard de chiffre d’affaires et la création de 1 000 emplois directs.

 

Si certains éléments sont conçus et assemblés en interne comme les stacks des piles (empilement de plaques bipolaires à l’origine de la réaction physique qui produisent l’hydrogène), la société sous-traite toutes les pièces usinées, soit près de 300 composants, ce qui représente un formidable potentiel pour les industries de Haute-Savoie.

 

Un nouveau site de production à Saint-Fons dans le Rhône, en cours de construction devrait être opérationnel dès le deuxième semestre de l’année 2023.

 

 

EDF déploie l’hydrogène dans plusieurs directions

 

 

Partenaire de Mont-Blanc Industries dans le cadre du programme « Une Rivière, un territoire », EDF contribue aux projets innovants dans les vallées hydrauliques où l’hydrogène est l’un des axes de développement.

 

AU delà d’EDF Hydro, le groupe EDF a créé en 2019 une filiale Hynamics pour déployer sa stratégie pour la filière hydrogène : produire et distribuer de l’hydrogène à partir d’électricité bas carbone (réseau) et/ou renouvelable (hydro/éolien/solaire) pour l’industrie et la mobilité lourde, en France, mais aussi à l’international. Par ailleurs, l’ingénierie d’EDF Hydro (le CIH à Savoie Technolac) travaille fortement au couplage entre hydraulique et électrolyse, notamment à l’international, ou pour déployer des systèmes hydrogènes mobiles dans des sites isolés en France.

Par exemple, pour alimenter les machines à traire des éleveurs avec une expérimentation menée actuellement dans le Beaufortin (Savoie).

 

En parallèle, EDF est actionnaire majoritaire avec 12 % des parts de la société drômoise McPhy qui développe des électrolyseurs pour produire l’hydrogène.

 

 

Le CEA à la pointe de la recherche sur la filière hydrogène

Le CEA, via son institut de recherche Liten, mobilise ses équipes pour développer des solutions qui vont dans le sens de la transition énergétique.

Ainsi plusieurs plateformes technologiques basées sur son site de Grenoble explorent et mettent en pratique les potentiels autour de l’hydrogène.

 

Avec des applications par exemple dédiées au transport en hybridant deux systèmes : une pile à combustible avec une batterie. En cherchant le meilleur moyen de produire des piles à combustible, par exemple en étudiant la possibilité de réaliser des plaques bipolaires par impression sérigraphique et ainsi accroître la finesse des canaux où circulent les gaz et réduire les coûts et les temps de conception.

 

Le CEA-Liten travaille également sur les technologies d’assemblages des plaques afin d’éviter les phases liquides. Enfin, grâce à sa nouvelle plateforme, les ingénieurs-chercheurs produisent de l’hydrogène par électrolyse à haute température avec un dispositif versatile qui peut aussi bien générer de l’énergie que la stocker. Un projet mené avec Genvia, une société créée conjointement par le CEA, Schlumberger, Vinci, Vicat et l’AREC.

 

D’ici à la fin de l’année, le centre de transfert technologique de Genvia sera adossé à la plateforme du Liten afin de passer de la R & D à la mise en production sur le site de Genvia à Béziers.

 

 

Cette visite a permis aux membres du Club hydrogène de découvrir concrètement les potentiels d’application de l’hydrogène qui ne se réduisent pas à la mobilité.

 

La production et l’exploitation de l’hydrogène sont de formidables atouts dans la course à l’autonomie énergétique de la France et de l’Europe face à des géants comme la Chine.

 

D’un point de vue mécanique, les véhicules propulsés à l’hydrogène contiennent plus d’éléments usinés que les engins électriques. D’autant plus que les constructeurs travaillent également à concevoir des moteurs thermiques à hydrogène qui s’appuient sur des compétences mécaniques largement présentes au sein des industries de Haute-Savoie qui ne doivent pas rater ce virage stratégique. Les industriels du Club Hydrogène de Mont-Blanc Industries se positionnent aujourd’hui comme offreurs de solutions et de compétences mécaniques pour une filière hydrogène en développement.

 

 

 

 

 

Article rédigé par Sandra Molloy, journaliste

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